Science says: Ramadan is not Hilal

Les autorités religieuses appuyés des scientifiques font actuellement un forcing à travers un tapage médiatique laissant croire aux musulmans que le calcul du levant (hilal) va produire la solution miracle au conflit ouvert concernant la détermination du calendrier des 04 mois lunaires sacrés. Mais en réalité, le problème n'est pas dans le calcul ou le non calcul (observation directe), mais dans le principe même de l'usage du levant dans la détermination de ces calendriers. 

En effet, le problème réside dans l'intervention (interprétation) humaine qui a biaisé un équilibre horaire du synode réalisé par Dieu avec mesure, comme il l'a décrit dans son livre saint:

(Sourate Errahman,5-9) الشمس و القمر بحسبان، والنجم و الشجر يسجدان، و السماء رفعها و وضع الميزان ، ألا تطغوا في الميزان، وأقيموا الوزن بالقسط و لا تخسروا الميزان 

L'homme a fait le contraire de cette recommandation divine en négligeant volontairement d'évaluer l'impact de sa construction du fiqh sur cet équilibre, et se retrouve de ce fait, interpelé par Dieu lui même, dans sourate Errahman, qui le met au défi de modifier cette mesure:

فبأي آلاء ربكما تكذبان؟

L'homme est donc devenu réfractaire à la science lorsqu'elle contredit son modèle erroné de croyance, et il semblerait même que les premiers réfractaires à cette science de l'astronomie sont les astronomes eux mêmes, rendant tenace la persistance de ce problème.

1/ le calcul (observation) du levant ne règle pas le problème de localité 

Ce qui n'est pas dit, c'est que ce type de calcul ne va pas concilier entre le camp de la diversité des levants, qui exige que ces derniers soient observés ou calculés localement sans tenir compte de ce qui se passe ailleurs, et le camp de l'unicité des levants, qui postule qu'un levant apparaissant quelque part dans le monde, doit s'appliquer au monde entier. Le désaccord entre ces deux camps persistera ad vitam eternam, en moyenne une fois sur deux, tout les mois. 

Concrètement, ce calcul ne sert donc à rien si ce n'est d'anticiper la réalisation d'un accord potentiel entre les deux camps. Par exemple cette année, on savait à l'avance qu'il y aurait un désaccord pour Ramadan 2018 (entre ceux qui commenceraient le 16 mai en s'appuyant sur la l'unicité des levants, et ceux qui commenceraient le 17 mai en s'appuyant sur la diversité des levants), et un accord total pour Chouwal 2018 (les deux camps programmant déjà le premier jour pour le 15 juin).

2/ le calcul (observation) du levant est incompatible avec la loi naturelle de distribution de fréquences horaires telle qu'elle a été établie par Dieu

Or aujourd'hui, démonstration vient d'être faite, sur des bases scientifiques et expérimentales (Preuve que l'observation des levants pour la détermination des débuts des mois lunaires est aussi inutile qu'inappropriée en ce début de 21ème siècle), que le principe courant du fiqh exigeant l'observation (ou le calcul) du levant est incompatible avec une loi de distribution de fréquence horaire universelle caractérisant une propriété naturelle du calendrier lunaire affranchie de toute intervention humaine. Pour une raison obscure, l'homme a exclu cette option, qui pourtant aurait largement contribuer à lever la persistance de cette ambiguité qui de plus est, inconsistante. 

3/ le calcul (observation) du levant viole un principe fondamental de logique

Cette inconsistance frappe essentiellement le camp qui prône le calcul des levants, car elle viole un principe logique fondamental: la nécessité d'observer le levant implique l'existence d'un doute dans la détermination de la fin du mois courant, d'ou le concept de "nuit du doute"; or aujourd'hui, la nuit de doute n'existe plus (d'ailleurs ceux qui font usage du calcul du levant définissent leur nuit de doute par rapport à la date de lunaison qui est connue à la seconde près). Ceci implique, par inférence logique,  que l'observation du levant n'est plus nécessaire, et encore moins son calcul.

4/ Violation de l'injeunabilité du 1er jour de Chouwal et de la jeunabilité du 1er jour de Ramadan 

L'impact de ces inconsistances peut être relevé par exemple, sur ce qu'il se passera cette année: le calcul des lunaisons, expérimentalement validé, et donc réputé irréfutable et admis par tout un chacun, hormis l'indu récalcitrant, établi que le mois de Ramadan 2018 commencera physiquement le 15 mai à 13h48 (GMT+2) et terminera le 13 juin à 21h45 (GMT+2). En conséquence, le calendrier établi à Lausanne par exemple, indique qu'il y aura 29 jours de jeûne (29 périodes de fajr) commençant naturellement le 16 mai, soit environ 15h après l'avènement de la lunaison, et se terminant le 13 juin au maghrib. Le premier jour de Chouwal débutera quant à lui, le 14 juin, soit environ 7h après la lunaison de Chouwal. Or l'intervention humaine, a convenu de manière illicite, d'inciter les fidèles à jeûner le vrai 1er jour de Chouwal, et pour certains, de ne pas jeûner le vrai 1er jour de Ramadan. Les uns jeûneront donc 30 jours au lieu de 29 en violant l'injeunabilité du 1er jour de Chouwal, tandis que les autres jeûneront 29 jours, en violant aussi bien l'injeunabilité du 1er jour de Chouwal que l'obligation de  jeûner le 1er jour de Ramadan. Cette pathologie se renouvelle malheureusement et inlassablement chaque année en s'appuyant sur des dispositions du fiqh qui malheureusement ne sont pas cohérents avec la création divine, notamment avec une loi (discutée dans le texte ci-dessous) qui n'a pas été créée par hasard ni par amusement ni pour divertir la galerie.

5/ Nécessité d'introduction du contexte dans la construction rationelle du fiqh

Pourtant, il suffirait d'introduire un peu de contextualisation pour mettre à jour les dispositions concernées du fiqh, notamment en ce qui concerne le facteur "savoir" qui n'est évidemment pas le même entre les deux époques que sont la naissance de l'hégire jusqu'au 19ème siècle, et les temps modernes dans lesquels nous vivons, pour définitivement lever cette incompatibilité entre la loi divine et l'interprétation maladroite de l'humain qui nous vaut bien des soucis.

6/ Le calendrier naturel: une solution durable, exacte et consistante avec les textes scripturaires

La solution naturelle à ce problème, est pourtant bien simple: un mois du calendrier lunaire commence au premier jour correspondant au premier fajr qui suit la nouvelle lunaison. En conséquence, le premier jour calendrier commencera le même jour que la lunaison si cette dernière se réalise après minuit et avant le fajr du jour, ou alors le lendemain si la lunaison a eu lieu avant minuit. La connaissance du calendrier des lunaisons à la seconde près sur des centaines d'années, associée à la périodicité annuelle des temps de fajr, bientôt connues à la minute près dans tous les coins et recoins du monde (Détermination des calendriers Imsak/Fajr pour les mois de Mai, Juin et Juillet), permet d'établir un calendrier pérenne, à faible coût, exact et précis, sans aucune maintenance humaine, que tout un chacun peut utiliser pour programmer ses périodes de disponibilité rituelle durant les 04 mois sacrés (les jours impairs du mois de Ramadan, l'aid du fitr, l'aid el Adha, l'assemblée du mont Arafat, Mouharram, Achoura, etc..).

7/ Invalidation de la nécessité du calcul (observation) du levant

A titre de preuve du concept, l'invalidation de l'usage du levant a été pré-établie récemment dans une étude de séries, à partir de la mesure de la différence de temps entre le fajr à Lausanne (modèle de 15 degrés choisi à titre temporaire) et l'instant de lunaison, et ce, entre 1938 et 2038. Nous avons considéré 4 types de fajr: 1/ le tout premier fajr après la lunaison, qui sous-tend le calendrier dit "naturel", 2/ le fajr du premier jour déclaré officiellement qui sous-tend le calendrier dit "officiel", 3/ le fajr du premier jour calculé selon le calcul du levant applicable à Lausanne qui sous-tend le calendrier dit "du calcul du levant local", et 4/ le fajr du premier jour obéissant à la règle du "jour légal" correspondant au premier maghrib suivant la lunaison, qui sous-tend le calendrier dit "du jour légal". Le calendrier qu'on pourrait qualifier de "calcul du levant unifié" qui se baserait sur l'exigence d'unification des levants, n'a pas été calculé dans cette étude car en pratique, il est proche dans ses effets, au calendrier du "jour légal". Sur 101 ans, et à raison de 2 points de mesures par année correspondant aux mois de Ramadan et Chouwal, nous avons obtenu pour chaque type de fajr, une série de mesures réunissant 208 points (101 années grégoriennes correspondent à 104 années lunaires avec deux points par années lunaire). 

Les distributions de fréquences des différences de temps récoltées dans ces séries sur 104 annnées lunaires, ont permis de comparer la similarité des 3 séries impliquant l'intervention humaine dans les calendriers "officiel", "calcul du levant local",et  "jour légal", à la série dite du calendrier "naturel", cette dernière étant libre de toute intervention humaine. Le résultat est sans appel: les 3 séries impliquant l'intervention humaine sont toutes les trois, différentes de la série "naturelle", dans les formes et dans les moyennes. Toutes les analyses statistiques paramétrées et non-paramétrées qui comparent les deux groupes de séries, deux à deux ou les quatre ensemble, le démontrent de manière significative et irrévocable, au dela de tout doute raisonable: la probabilité pour que l'une des séries "humaines" soit similaire à la série naturelle, est nulle, soit très largement en dessous de la barre des 5% qui maintient la possibilité de similarité.

La première propriété qui caractérise la série "naturelle" est l'uniformité continue de sa distribution horaire (distribution "plate") qui était surprenante et inattendue mais surtout déterminante et très discriminative dans le test de comparaison des séries. La deuxième propriété de la série naturelle réside dans la marge horaire qui la borne entre 0 et 24heures, comme cela était prévisible. Ces deux propriétés expliquent la valeur moyenne de 12h qui caractérise cette distribution de fréquences. Le calendrier naturel repose donc sur une série temporelle qui ne privilégie aucune différence de temps entre le tout premier fajr et la lunaison qui le précède. De l'autre coté, les trois séries caractérisant l'intervention humaine, ont non seulement des formes différentes de la forme naturelle "plate", mais en plus elles sont toutes déplacées dans le sens horaire avec des valeurs moyennes augmentées à 22h et 33h pour le calendrier "jour légal" et les 2 calendriers restant,  "officiel" et "calcul du levant local", respectivement.

8/ Discussion

Ces distributions de fréquences prouvent à elles seules, sans aucun recours à une quelconque rhétorique ou habile sémantique, que l'interprétation humaine des hadiths impliqués dans la construction du fiqh dominant, est tout sauf compatible avec la loi divine, naturelle. Or, tout choix donnant prééminence à une interprétation humaine qui contredit les lois divines établies scientifiquement par des méthodologies de validation expérimentale irrévocables, viole un principe fondamental de notre foi, et ne peut être crédité d'aucune crédibilité. Lorsque cette situation pathologique se produit, il est impératif, pour l'éliminer, de réexaminer les interprétations humaines des textes scripturaires concernées, en tenant compte du contexte d'application de manière appropriée, et ce, quelque soit la chaine de transmission et la qualité des chercheurs ou oulémas ayant effectué le travail ayant conduit à des interprétations insuffisantes. Dans le cas qui nous préoccupe, il suffit d'introduire le contexte lié au "savoir" pour réhabiliter la résonance entre les solutions préconisées par le prophète (PBSL) et la loi de distribution de fréquences horaires imposée par Dieu. De plus, ce cas d'étude montre très précisément, comment la négligence d'un contexte particulier, pourtant invoqué par plusieurs auteurs mais négligé par l'ensemble des érudits, peut induire un biais insoutenable et impropre à la pratique d'un rite. Pour éviter de tels écueils, il est fondamental que scientifiques et religieux agissent de concert, en faisant articuler leurs univers méthodologiques particuliers et riches de leurs différences, au lieu de subir consciemment ou inconsciemment, la coalescence de ces univers, rendant improductive une telle collaboration.

9/ Conclusion

Il est démontré par cette seule preuve de concept, que le calendrier lunaire déterminé à partir des tables horaires du fajr et du calendrier des lunaisons, est plus apte à être suivi par les fidèles, car il est sous-tendu par une loi de distribution de fréquence horaire naturelle, qui ne peut être reproduite par aucune des interprétations humaines amendées dans le fiqh dominant. La prééminence des lois naturelles voulues par Dieu et programmées dans son livre muet de l'univers, sont un élément fondamental de la foi musulmane qui ne peut être transgressé, d'aucune manière par les fidèles, et sous aucun prétexte. En conséquence, le hilal n'est pas une condition siné-qua-non pour l'entrée en lice du mois lunaire sacré, dans ces temps modernes, contrairement à la religion juive qui s'appuie sur le "molad hanirè lareaya rishona" (observation du croissant de lune après le coucher du soleil du 29ème jour du mois pour célébrer la néoménie le jour suivant ou le surlendemain, méthode suivie par les karraites, branche scripturaliste du judaisme, source wikipedia), ou sur le "molad emtzayi" qui se base sur un calendrier arithmétique fixe.