Science says Imsak/Fajr is not fixed solar depression

Depuis très longtemps, les mondes arabe et musulman ont pris l'habitude de fixer à l'année, la dépression du soleil pour obtenir le temps de imsak/fajr. A titre de précision, nous ne dissocions pas les temps de imsak et de fajr. Ce temps est unique: il fixe aussi bien la limite pour se nourrir au plus tard que la limite au plut tôt pour accomplir la prière du fajr. Ce faisant, les fidèles attentifs et persévérants dans l'accomplissement de la prière du fajr, ont bien remarqué dans plusieurs pays, qu'à certaines saisons, l'appel à cette prière (adhan) survenait bien avant l'apparition des premières lueurs de l'aube, une anticipation pouvant atteindre plus de 60 minutes d'avance. Des dizaines de vidéos ont été publiées en ce sens. Ces inconsistances dans la fixation du temps de la première prière du jour, créent et continuent de créer beaucoup de malaises et de polémiques dans la communauté musulmane. Pourtant, durant le siècle précédent, des astronomes musulmans avertis, nous avaient déjà indiqué que la dépression du soleil associée au début du fajr essadiq (Early True Dawn, ETD)- ce dernier marquant la fin de la durée d'abstinence et l'ouverture de la période pour l'accomplissement de la prière du fajr- n'était pas fixe durant l'année, mais devait varier de manière périodique avec l'écoulement du temps et des saisons. Quant à sa vitesse de variation, elle devait elle aussi varier en fonction de la position géographique des lieux, et notamment de la latitude. Mais cet avertissement éclairé n'a pas suffit à faire entendre raison aux oulémas de jadis et ceux d'aujourd'hui dans leur écrasante majorité, laissant sourds également, tous les astronomes qui leur servent de soutiens techniques et de conseillers. Ces oulémas ont pourtant vainement sollicité les scientifiques de la navy américaine et britannique pour commander des tables horaires conformes à leurs doléances et cahiers de charge, sans succès. Ces derniers se sont excusés de ne pouvoir accomplir cette mission, car les caractéristiques spécifiques de la demande en rapport avec l'événement du fajr étaient tout sauf précises. Mis a part leur affirmer que l'angle de dépression du soleil associé à ETD était compris entre 12 et 18 degrés, les scientifiques ne purent caractériser davantage cette dépendance temporelle de l'angle tout en restant vague sur l'essentiel.

Nous allons comprendre maintenant, quel est l'origine fondamental de cet écueil qui n'en fini pas, et quels sont les alternatives proposées, certes très peu, mais qui ont contribué à résoudre ce problème, au moins sur le plan conceptuel, même si les fondements scientifiques vont sans doute nécessiter encore plusieurs années de travail. Le problème fondamental qui nous vaut bien des soucis est lié aux hypothèses fondamentales sur lesquels reposent tout développement intellectuel.

1/ L'hypothèse du GHALASS

Cette hypothèse, consiste à dire, que ETD est associé en terme d'intensité, avec les restes de la nuit. Autrement dit, si vous filmez avec une caméra vidéo, ETD serait associé avec le moment ou vous commencez a voir les premières pixelisations dans l'écran de la caméra, correspondant aux premiers photons du jour. Mais en réalité, le ciel reste uniformément sombre à ce moment et aucune lueur blanche aussi timide soit-elle ne vient le scinder en deux portions verticales blanc-noir (blanc au dessous, noir au dessus), contredisant ouvertement la condition coranique d'observation citée dans le verset 187 de la sourate 2 (El baqara, La Vache). Le choix d'une dépression du soleil de référence fixé à 18 degrés toute l'année répond donc au besoin des oulémas d'associer la plus faible intensité lumineuse à ce qu'ils définissent comme ETD. Cet angle correspond à la limite du crépuscule astronomique que les astronomes affectionnent pour pouvoir observer les étoiles les plus lointaines sans être dérangés par la lumière parasite du soleil. Bien entendu, comme dans les pays arabes et musulmans le culte est régi par l'état, les responsables de ces horaires ne sont pas tenus de s'expliquer, ou s'ils le font, c'est souvent de manière autoritaire, sous couvert de leurs observatoires respectifs, n'acceptant ni critiques ni contre argumentations, n'étant pas tenu de démontrer leurs "vérités" ni de discuter leurs hypothèses fondamentales, se bornant à louer le travail de leurs astronomes qui revendiquent un recours à des fondements scientifiques. Mais la pilule ne passe pas parmi les musulmans, notamment ceux d'occident, qui ne sont soumis à aucune autorité cultuelle.

2/ Du GHALASS aux écoles de fiqh justifiant le bricolage

La conséquence de cette hypothèse du GHALASS, fixant comme temps de référence du imsak/fajr celui correspondant à un angle de dépression du soleil de 18 degrés, fut les manipulations arbitraires des angles comme dans une mise aux enchères publiques. Dans certains pays, comme l'Egypte ou la Malaisie, les oulémas ont augmenté la barrière de cette angle à 19.5 et 20 degrés, histoire de faire plus noir que noir. D'autres pays en occident, ont décidé de couper la poire en deux en adoptant un angle de 15 degrés ou des angles proches de 12 degrés, en dehors de tout principe fonctionnel qui obéit à des règles scientifiques conformes aux textes scripturaires émanant exclusivement de Dieu et de son prophète (PBSL). Toute cette gabegie a donné lieu à une profusion de pseudo-écoles du fiqh légiférant sur le choix des angles, aussi bien pour les horaires du fajr que du iicha (dernière prière du jour), qui sont ouvertement accessibles dans des applications courantes, mais qui ne reposent sur aucun fondement sérieux pouvant guider le fidèle pour l'aider à faire son choix. Ces ambiguités, obscènes d'évidence, sont alimentées par certaines organisations auto-proclamées en Europe, animés par des docteurs de la chariaa et des scientifiques, qui ont convenu en 2018 de laisser un libre choix aux mosquées et aux centres du culte pour choisir l'angle qui leur sied le plus entre 12 et 19 degrés. Le résultat est catastrophique, puisque dans la même ville, on assiste maintenant à une cacophonie d'horaires qui violent le principe fondamental des deux aubes. Un bras de levier illégitime a donc été créé pour légitimer les manipulations arbitraires, à l'instar de celles qui consistent à baisser l'angle de 18 à 17 puis à 16.5 de degrés. Mais les fidèles avertis et méfiants, s'ils se sont abstenus de manger très tôt, n'ont pas hésité à reculer leur prière du matin une heure plus tard, subissant les mauvaises conséquences  de ce mauvais timing, notamment pour ceux qui travaillent et qui doivent avoir un agenda précis de repos ou de prise médicamenteuse avant les activités professionnelles du jour,

3/ Des HADITHS "Témoins" au GHALASS

La question qui se pose autour de cette gabegie est qui a inventé cet idiome du GHALASS qui n'est inscrit ni dans le Quran ni dans le langage du prophète (PBSL)? La réponse est simple: C'est Djaber Ibnu Abdullah, qui dans un témoignage rapporté par SAHIH MUSLIM, affirmait que le prophète (PBSL) faisait sa prière durant le GHALASS. S'ensuivit l'intervention de l'imam Nawawi, qui expliqua ce mot étrange comme étant "les restes de la nuit". Vinrent se greffer d'autres hadiths "témoins" qui précisèrent que la prière du matin se faisait tard parfois même juste avant la levée des aurores, complétant ainsi le témoignage de Aicha (puisse Dieu l'agréer) qui insinua apparemment le contraire en témoignant que les femmes revenaient chez elles après la prière du matin sans que personne ne puisse les reconnaitre. Ce sont donc sur ce genre de hadiths "témoins", provenant des compagnons du prophète (PBSL) et non pas de la bouche du prophète lui même, qui concernent  l'accomplissement de la prière du matin et non pas les limites d'abstinence, que se base la théorie du GHALASS. Ces éléments d'information sont très imprécis pour quiconque voudrait reproduire les conditions optiques, atmosphériques et météorologiques et  restituer les conditions diurnales du moment. Mais le plus grave dans l'imagination de ceux qui soutiennent cette thèse ghalasséenne, c'est qu'ils ne conçoivent à aucun moment, que cette hypothèse est une vue de l'esprit, une théorie humaine, qui découle d'un modèle et d'une structure de pensée fabriquée par l'homme et non pas par le prophète ou par Dieu. Certes les fondements du fiqh ou de la chariaa sont très structurées dans un canevas d'outils de manipulation de la pensée qui permettent de rationaliser l'irrationel scripturaire et de proposer une rhétorique théologienne cohérente. Mais cette structure a été constituée par l'homme au travers des âges, et à ce titre elle est appelée à évoluer avec les époques et ne pas être considérée comme figée dans le temps même pensée par les plus grands savants. Cela conduirait a opposer l'infaillibilité des savants à celle de Dieu, ce qui est bien entendu impossible.

Autrement dit, la mauvaise pensée qui est inconsciemment entretenue par les protagonistes de cette thèse, est de considérer que la construction de la structure fiqhienne est un graal d'outils de référence permettant de produire une rhétorique infaillible, transformant toute hypothèse, vision ou modèle, en vérité absolue qui ne saurait être remise en cause par quiconque car d'essence divine et prophétique, matérialisée par des compagnons disciplinés. Bien entendu, les inconsistances et la faiblesse de cette hypothèse du ghalass constatées aujourd'hui remettent en cause la fiabilité de cette structure de pensée qui doit être révisée et modernisée dès que faire se peut, pour éviter un effondrement inéluctable de la crédibilité de l'ijtihad et des érudits qui l'ont fabriqué ainsi que ceux qui l'ont transmis sans critiques et sans réserves.

Le GHALASS, étant une vue de l'esprit générée par une structuree de pensée obsolète, implique que le meilleur moyen d'éviter ses écueils, pour quiconque veut accomplir un travail sérieux et fiable,  est d'éviter l'usage de ces hadiths "témoins", tout au moins au début d'une recherche, pour ne pas altérer la perception du fil conducteur souvent déterminant dans le succès de toute activité scientifique. Ces hadiths peuvent même devenir "TOXIQUES" et atténuer la lucidité requise par l'esprit pour clarifier objectivement le contenu du témoignage qu'elles véhiculent.

4/ Première commutation de la raison sur la lettre figée: http://moonsighting.com

Pour sortir de ce sol marécageux, une première tentative, se basant sur l'observation exclusive et ignorant totalement les angles de dépression du soleil, fut menée par un astronome musulman basé a Washington DC, qui a publié ses résultats sur http://moonsighting.com. Sa méthodologie se résume à l'organisation d'une vaste opération d'observation dans divers villes américaines, britanniques et asiatiques, dont le fer de lance était ce panel d'observateurs dispersé et chargé de faire les pointages correspondant aux ETD (Early True Dawn). Ce travail a duré une dizaines d'années. Les données collectées ont servi à ajuster un modèle empirique dont nous ignorons les tenants et les aboutissants. Ce travail qui se révéla être pertinent au départ, pose aujourd'hui des problèmes, qui sont liés d'une part à la méthodologie d'observation, sa durée ainsi que le traitement non fiable du feedback.

En effet, tout d'abord, sa définition de l'ETD est vague, puisque comme indiqué sur son site, il correspond à un moment ou la lumière de l'aube diffuserait longitudinalement. Mais celui qui a déja observé les différentes phases de la levée de l'aube, remarquera sans problème que fixer un tel moment sans aucune autre règle associée, relève de l'arbitraire. C'est pour cela, qu'en l'absence d'une règle définie clairement, l'appréciation subjective de l'homme est telle que les observations des membres du panel ne peuvent qu'être moyennées selon une pondération dépendante de l'estimation statistique du degré de convergence des observateurs (Kappa statistics). Concrètement, cette pondération statistique ne fait qu'estimer la précision d'un biais d'observation qui est loin d'être exact compte tenu de la définition ambigue du principe de détection des signes ETD, selon leurs auteurs. D'autre part, la durée de l'expérience d'observation est anormalement longue, compte tenu de la périodicité annuelle du cycle solaire, suffisamment pour douter de l'homogénéité et la fiabilité de toute l'opération. Certes, il est parfaitement compréhensible que les conditions climatiques dans certaines villes aient pu interrompre les observations durant des semaines, mais la manière dont tout cela va affecter les résultats finaux restent peu clair pour le public averti. Enfin, ayant moi même été en contact avec l'investigateur principal pour lui faire part de mon observation du 23 juin 2016 à Pampigny, j'ai noté des lacunes dans l'attitude scientifique de mon interlocuteur, au niveau de la disponibilité, l'attention et la rigueur, puisque d'une part il a cru d'emblée a l'horaire que je lui ai fais parvenir au début et qui était en avance de 10 minutes sur l'horaire finale que j'ai corrigé par la suite, après l'analyse quantitative ultérieure des images, et d'autre part, il a retouché sa valeur pour être plus proche de la valeur erronée que je lui avais communiquée, sans préciser la méthode corrective utilisée, qui serait soit un renouvellement de l'ajustement global des données ou un changement ponctuel de la valeur à la main. En outre, il a déformé mes propos pour donner l'impression que ses calculs étaient robustes et consistants, alors qu'il n'en avait nullement besoin. En effet, même si des différences importantes dans les horaires par rapport à nos résultats se sont révélées clairement, il n'en demeure pas mois que ses résultats étaient consistants au départ compte tenu de l'ordre de grandeur de ses erreurs systématiques.

Mais au delà de ces considérations et de l'intérêt de cette expérience, la méthodologie suivie s'est révélée bien coûteuse et imprécise se fondant sur des estimations humaines et subjectives des signes ETD.

5/ Ultime commutation de la raison et désaveu total de l'esprit de la lettre figée: http://rholax.ch

La démonstration expérimentale inaugurée à Lausanne en 2016 et exposée sur le site http://rholax.ch, a permis de suivre le chemin tracé par les textes scripturaires: d'une part, le hadith des deux aubes permettait de se fixer comme point de mesure l'ETD qui représente l'instant de transition du fajr elkaddhib vers le fajr essadiq, et d'autre part, le verset 187/2 suggérait l'usage de la fonction de contraste entre fils blancs et noirs pour mesurer ce temps à l'issue des changements de phases de l'aube. Les fondements expérimentaux de notre méthode sont donc dès le départ, indépendants et affranchis de toute pollution par les hadiths "témoins".

Ayant posé ces hypothèses, la recherche du temps s'est muée en recherche d'une position particulière dans le ciel, qui serait couplée à ce temps. En effet, la fonction de contraste qui s'avère pertinente dans la direction verticale, est bivariée, en ce sens qu'elle dépend de deux variables: position (élevation) et temps. Mais pour déterminer la fonction univariée dans le temps, il fallait trouver dans le ciel, la position (élevation) caractéristique, qui resterait fixe durant la transition de l'aube, ce qui élimine d'emblée l'arc de cercle représentant la diffusion sphérique des rayons du soleil, car il évolue verticalement et n'est donc pas fixe au dessus de l'horizon. Après avoir réalisé l'acquisition d'environ 400 images, à raison de 3 images par minute avec un appareil photographique réflex grand public, et examiné l'ensemble des données pendant environ 3 semaines, la réponse apparu d'elle même sur les images: à un moment précis, on constate que le ciel se scinde verticalement en deux parties le long d'une direction horizontale séparant le ciel blanc qui apparait en dessous de la ligne du ciel sombre qui apparait au dessus de la ligne. De plus, on constate que cette ligne se maintient à la même élevation dans le champ optique de la caméra pendant toute la durée de sa visibilité. Cette caractéristique de "splitting vertical" du ciel est la clef qui permet de mesurer l'évolution dans le temps de la fonction de contraste verticale autour de cette position qui est livrée par l'observation. Les images obtenus permirent ainsi de déterminer le temps précis de ETD à 10s près, et de valider la modélisation mathématique de la limite de visibilité.

Ainsi, cette ligne de séparation entre les deux "fils" blanc et noir est associée à deux instants caractérisiques: l'instant d'apparition correspondant au début du fajr el kaddhib, et l'instant de sa disparition visuelle correspondant au début du fajr essadiq (ETD). Ce mécanisme d'optique associé au splitting vertical du ciel est l'élément déterminant qui caractérise le timing précis des deux aubes. Les variations de ce phénomène ne sont pas perceptibles journalièrement à l'oeil, mais plutôt mensuellement.

Après cette première phase de mesure locale, il fallait penser à la détermination du temps ETD durant les autres jours de l'année. A Lausanne, il était clair que cela ne saurait être possible par l'observation seule, le ciel étant nuageux durant une bonne partie de l'année. Ailleurs, dans les différentes contrées ou l'ensoleillement est de plus de 4000 heures/an, la logistique d'observation aurait été très lourde et aurait consommé plus que les ressources disponibles. Un deuxième incrément dans le développement d'outils de calcul s'imposa donc à la raison. Quelque mois après, une méthode de calcul exploitant les figures temporelles associées à la dépression du soleil a permis de propager notre mesure du 23 juin 2016 pour déterminer la courbe horaire ETD en vigueur entre le 1er mai et le 31 juillet, et ce, à titre pilote. Cette courbe obtenue, était fiable dans un intervalle d'une minute, correspondant à une surface de 95% de confiance.

Cerise sur le gâteau, pour la première fois dans le monde, à notre connaissance, la courbe de variation de la dépression du soleil à Lausanne était déduite. Dans cette période de démonstration, celle ci était de 14.0 degrés le 1er mai (valeur maximale), et de 12.5 degrés entre les 20 et 22 juin (valeur minimale). Ce développement permet en outre de généraliser l'obtention des courbes de variation toute l'année, localement avec la même précision. Cette méthode peut être appliquée partout dans le monde sans aucune restriction. La troisième phase de développement qui consiste à généraliser les résultats au monde entier, y compris dans les régions ou les latitudes sont élevées, est en cours. Les caractéristiques complémentaire de la scène du imsak, qui sont mentionnées comme mots clés dans le verset du Coran et dans le hadith des deux aubes, comme la verticalité de la scission du ciel au début du fajr elkaddhib, la queue du renard ou le rectangle blanc, ont également été observés et reconstitués. Toute cette reconstitution scientifique est fidèle aux textes scripturaires qui ont pour seules sources Dieu et son prophète (PBSL). Il est donc regrettable de constater comment des images anonymes provenant de pays arabes sont détournées et disséminées pour justifier des thèses inconsistantes et loufoques, basées sur des "hadiths témoins controversées".  Ces faibles théories ont toutes été contredites par les observations journalières  et les reconstitutions expérimentales sérieuses, méticuleuses et rigoureuses dont nous avons révélé, à ce stade du développement qui n'est pas terminé, les premiers éléments probants sur http://rholax.ch.

Ce travail a donc permis de préciser et de valider les remarques pertinentes des astronomes musulmans qui avaient déjà prévu l'importance de l'observation ainsi que les évolutions de la courbe ETD en fonction des saisons et de la latitude. En effet, nous avons pu déterminer les signaux caractéristiques précis d'ETD, qui représentaient un jalon manquant, comme nous avons pu quantifier la courbe d'évolution de la dépression du soleil associée à ETD, à Lausanne et à Lille, et démontrer que la vitesse de variation dépendait de la latitude: durant cette période pilote, la variation moyenne journalière à Lausanne (latitude: 46 degrés) était de 56s, tandis qu'à Lille (latitude: 50 degrés), elle était évaluée à 70s, soit 14s plus rapide qu'à Lausanne.  Nous avons également pu déterminer qu'à Lille  par exemple, la courbe horaire ETD se comportait tout à fait normalement, contrairement à l'icha, pour laquelle il faudrait trouver des solutions quantitatives sans toucher à celles du fajr. Nous avons également démenti les affirmations selon lesquelles seule l'observation était pertinente pour déterminer l'instant ETD. Au contraire, un développement technique judicieux permet de réduire les coûts et d'optimiser la précision à la minute en partant d'un nombre très réduit de mesures.

6/ Questions pour l'autorité du culte turque

Enfin, nous avons trouvé très surprenant, que nos résultats soient assez similaires avec le calendrier officiel du ministère du culte turque, notamment au printemps, mais pas en hiver par exemple. Ceci laisse penser qu'il y a une part de vérité dans le travail livré par les scientifiques turques, inconnu du public averti, car soit protégé, soit inaccessible du fait de la méconnaissance de la langue turque. Mais ce travail reste un mystère, sur lequel tout le monde se méprend, en pensant que la dépression du soleil est à la base de leur travail, ce qui n'est pas le cas. Par contre, le fait qu'en hiver, les horaires publiées par l'autorité turque pour la région de Lausanne, correspondent à des dépressions du soleil de l'ordre de 19 à 20 degrés, indique que les mesures qu'ils ont faites sont encore imprécises, leur courbe d'horaire applicable à Lausanne étant plus ouverte que ce qu'elle devrait être.  En effet, la dépression du soleil que nous avons déterminé varie entre 12.5 degrés au solstice d'été et 17-17.5 degrés au solstice d'hiver (selon nos premières projections). Pour le calcul turque, cette dépression se situerait plutôt entre 12.3 et 20 degrés, amenant une inconsistance de 2 à 3 minutes en été, et d'une quinzaine de minutes ou plus en hiver. Enfin, il est étonnant de constater que leurs horaires affichées du shuruq sont toujours en retard de 5 à 10 minutes par rapport aux horaires normales. Si cette correction d'échelle était appliquée à leurs courbes, cela les rendrait encore plus inexactes.

7/ La science n'est pas responsable de la gabegie actuelle

Beaucoup de scientifiques et de oulémas dans le monde ont pris la fâcheuse habitude de faire des annonces aussi farfelues qu'imprécises pour ne pas dire erronées, qui ne reposent en rien sur des résultats scientifiques pertinents. Certes la science permet de connaitre les tables horaires associées à chaque dépression du soleil, mais ceci ne suffit pas pour parler de "justes motifs scientifiques". Ceux qui veulent invoquer la science comme fondement à leurs affirmations, doivent expliquer comment fondamentalemet ils relient, sans aucune équivoque, leur solution à l'indice fondamental de splitting des fils blanc et noir tel qu'il a été invoqué par Dieu dans la sourate 187/2.

En vérité, cette phénoménologie obéit à un mécanisme d'horlogerie précis, tel que nous l'avons caractérisé ci dessus, qui permet déjà l'élaboration de tables horaires de ETD, mais il n'en demeure pas moins que les fondements scientifiques doivent encore être élucidés. Il convient donc de se méfier des effets d'annonce dont le but est d'entretenir le charisme de leurs auteurs et une place prépondérante sur le marché médiatique.  Ces personnes ont malheureusement des démarches très nuisibles pour la quête de vérité et se doivent de corriger leurs attitudes contre-productives qui ne reflètent pas du tout le niveau réel de leurs capacités intellectuelles.

En outre, ceux qui présentent des vidéos pour montrer que le adhan a eu lieu trop tôt ou ceux qui affirment que les horaires de imsak et de prière sont fausses, sont en réalité incapables de quantifier la magnitude des erreurs supposées, car ils ne peuvent se prévaloir de la qualité scientifique de leurs conclusions.

Enfin, il est temps de mettre fin au règne de l'arbitraire et d'abolir ces pseudo-écoles de fiqh basées sur des angles de dépression du soleil fixes toute l'année, car cela n'est vraiment pas le cas, si ce n'est que deux jours par an, au même titre que le soleil se lève à l'est deux jours par an. Il est au contraire grand temps que les scientifiques et oulémas remettent en cause certains fondamentaux erronés, et travaillent ensemble pour remettre les pendules à l'heure, dans un climat collaboratif et non pas dans la surenchère.

Ce sujet est essentiel et démontre à lui seul les efforts qui restent à réaliser pour corriger les éléments obsolètes des méthodologies de l'ijtihad.

8/ Conclusion

Conformément à ce qui a été prédit par les astronomes musulmans de l'ère moderne, nous avons établi avec une précision de l'ordre du dizième de degré, que l'angle de dépression du soleil associé à ETD, varie périodiquement, en un endroit donné, entre une valeur minimum et une valeur maximale. A lausanne, à titre d'exemple, entre le 1er mai et le 31 juillet, variait entre 12.5 degrés (au solstice d'été) et 14.0 degrés le 1er mai. La variation journalière de la courbe horaire associée à ETD était de 56s à Lausanne (Latitude:46.5 degrés). Dans la même période, cette variation journalière était de 70s à Lille (Latitude: 50.6 degrés), soit 14s plus rapide. A moins d'être exactement à l'équateur, le choix d'un angle fixe toute l'année associé à ETD est infondé, irrecevable et erroné. Toutes les écoles du fiqh pronant le contraire doivent abroger ces règles.

Enfin, il est à rappeler, que le signe disctinctif lié à l'événement ETD, ce n'est pas le GHALASS, mais la disparition de la visibilité de la ligne horizontale dans le ciel caractéristique du splitting vertical des parties blanches et sombres du ciel, qui se traduit techniquement par l'atténuation du contraste vertical autour de cette ligne, en dessous d'un seuil de visibilité. Ce signe distinctif est une découverte qui a constitué le jalon manquant pendant très longtemps.