Comment la vérité scientifique peut-elle aider à corriger certaines traditions et concepts de l’islam

Ci-dessous le pdf résumant les thèmes de la visio-conférence (arabe, anglais, français)

Taqwim_Imsak_RO_Mai_2020_v2_compressed.pdf

 

Durant les deux dernières semaines du mois de ramadan 1441H (2020) j’ai été convié à donner par visioconférence, plusieurs présentations sur ce thème, en abordant les deux problèmes liés d’une part, à la définition du mois de lunaire dans l’islam, et d’autre part, à la détermination de l’instant précis d’entrée en abstinence (imsak). Ces visioconférences ont remplacé les séances youtube que j’avais planifié et qui sont plus difficiles à mettre en oeuvre. Ces dernières sont donc reportées à une date ultérieure inchallah. Par contre, je joins en attaché dans ce post, le document pdf pour ceux qui veulent consulter les détails.

Après plusieurs années de recherches et de développements sur ces thèmes, et sans être ma préoccupation majeure, je présente de manière scientifiquement irréprochable l’obtention de résultats cohérents qui ont pu lever à ce jour et pour la première fois, les ambiguités de la jurisprudence islamique, et démontrer de manière inattendue, les mauvaises intuitions acquises de longue date qui contredisaient ostensiblement la vérité scientifique.

En ce qui concerne le premier thème, j’ai établi en me basant sur les définitions fondamentales, le calendrier naturel de référence qui est le seul à respecter l’agenda des lunaisons, ce dernier étant connu depuis des décennies avec une exactitude d’une seconde sinon moins (lunaison = première seconde de la naissance de la nouvelle lune, bien avant de pouvoir la voir). Et grâce à un outil informatique de mon propre développement, j’ai mesuré les inexactitudes de tous les autres calendriers qui oscillaient entre 1 et 3 jours sinon plus. Cet outil a également permis de comprendre, sur des représentations visuelles simples et intuitives, l’origine fondamentale de ces différences: toutes les conditions qui sous-tendent ces calendriers à problèmes étaient en fait génératrices de graves anomalies qui restreignaient les dates possibles des lunaisons à des intervalles de temps arbitraires, comme si on restreignait la mise à bas d’une femme enceinte à des temps d’accouchement possibles, et qu’on lui interdisait d’accoucher à d’autres moments. 

En d’autres termes, ces calendriers ne s’accommodaient pas des moments naturels de lunaisons. Soient ces derniers arrivaient dans des intervalles de temps préétablis par l’homme, et le premier jour après la lunaison était correctement pris en compte, soit ils arrivaient “en avance” sur la fenêtre de temps préétablie par l’homme, et le véritable 2ème jour du mois était injustement considéré comme étant le premier.

Dans la foulée de ces illustrations, il était également démontré l’anomalie fonctionnelle de ces calendriers qui reposaient toutes sur une mauvaise interprétation des textes scripturaires: en effet, ces textes sont définis par des conditions d’applications liées à la méconnaissance des instants de lunaison. Or, depuis la fin du 20ème siècle, cette méconnaissance a été comblée et il n’est plus nécessaire de faire semblant de ne pas la connaitre en s’inventant une improbable “nuit de doute”, ou de calculer une “carte de visibilité” de la lune, aussi précise qu’inutile, car pourquoi faudrait-il s’obliger de nos jours à voir “virtuellement” la lune alors que l’on sait déjà à quelle heure précise elle “respirera” sa toute première bouffée d’“oxygène”. De plus, dans ces calculs prenant à contre-pied le bon-sens, la “couverture nuageuse”  n’est pas pris en compte car les créateurs des calendriers basés sur les calculs de l’observation des levants, savent qu’elle est imprévisible sur plusieurs jours.

Enfin, sur ce thème, il a été largement démontré que le calendrier lunaire ne pouvait pas dans l’absolu être universel du fait que le dernier jour du mois était à cheval entre le mois finissant et le mois débutant, contrairement au mois solaire, et que chaque mois lunaire se déclinait dans le monde, en 2 ou 3 calendriers avec des débuts et des fins différentes, et ce, dans des configurations géographiques non figées mais variables tous les mois. A ce sujet, la comparaison des représentations visuelles dans le document ci-joint /sites/default/files/Taqwim_Imsak_RO_Mai_2020_v2_compressed.pdf, entre ce qui se passe à La Mecque est à Alger, est à elle seule éloquente, rendant caduque la notion de compatibilité géographique entre des régions appartenant à des fuseaux horaires différents.

Ces nouvelles démonstrations de vérité, bien qu’un peu trop fraiches, ont permis d’éclairer et de soulager les auditeurs les plus avisés sur plusieurs points de jurisprudence ambigus. Le travail de mis à jour des connaissances ne fait que commencer et la volonté du public de maintenir un contact étroit pour approfondir ces sujets s’annonce sous de bonnes auspices et prometteur pour l’avenir de notre comprehension et de l’application saine et cohérente de l’islam, sur ce point et sur bien d’autres points similaires en complexité.

En ce qui concerne le 2ème thème, qui s’avérait être hautement plus difficile que le premier car plus technique et dépendant d’avancées scientifiques plus poussées et récentes, deux points ont été abordés: 

a/ le moment ultime d’entrée en abstinence se situe très précisément lors de la réunification visuelle (visible à l’oeil nu) des deux parties de ciel, l’une basse, située immédiatement au dessus de l’horizon et représentée par la couche d’aérosols d’environ deux km d’épaisseurs, et l’autre, au dessus de cette couche, dans la troposphère libre d’aérosols. Avant cela, le ciel qui était uniformément noir puis bleu sombre, se fendait verticalement en 2 parties, la plus haute restant sombre, et la plus basse se voyant diffuser les premières lueurs blanches de l’aube du fait de la réfraction de la lumière indirecte du soleil qui s’était levé dans des villes lointaines de plus de 1500km, mais qui restait en dessous de la surface de la terre pour les villes qui étaient encore à ce moment dans l’ombre de la terre. 

b/ ce moment ultime d’abstinence qui a été mesuré un certain 23 juin 2016 à l’aube sur les hauteurs de la ville de Lausanne avec une précision de 10s, a pu être exploité pour déterminer la table des temps en vigueur à Lausanne durant toute une année, avec une précision d’une  minute. En outre, Ce travail a permis de démontrer que ce temps d’entrée en abstinence (imsak) n’était pas fixe sur l’année, mais variait bel et bien, comme l’avaient qualitativement prédit les astronomes musulmans dans les dernières décennies, entre 12.4 degrés (au solstice d’été) et 16.5-17 degrés (au solstice d’hiver) à Lausanne. L’explication de cette variation a également été effleurée sur un plan plus théorique invoquant la non-linéarité des propriété optiques de la couche d’aérosols pendant les variations saisonnières, liées notamment à la variation de l’ombre de la terre et aux variations des propriétés physiques comme la température et l’humidité relative, la taille, la forme et la nature des constituants. Mais un travail conséquent reste à accomplir pour maitriser l’impact des variations naturelles astronomiques et météorologiques sur les propriétés optiques visuelles induites dans cette couche.

Sur cette question, une  contradiction profonde a été relevée dans les pays musulmans,  liée à l’absence totale d’instruments pour étudier les variations des propriétés physico-chimiques et optiques de la couche d’aérosols, comme les ceilomètres et les lidars, alors que la connaissance du moment d’entrée en abstinence (imsak) dans ces pays en dépend profondément.

Les deux questions soulevés ici et étudiés avec la plus grande rigueur, semblent aller vers un dénouement heureux pouvant soulager et rapprocher les pays musulmans dans le respect de leurs différences géographiques naturelles. Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg, tant d’autres problèmes similaires continuent de souffrir d’ambiguité similaire. Mais souhaitons, qu’à l’avenir, d’autres scientifiques puissent se joindre  à ces efforts et se rassembler dans des structures multidisciplinaires pouvant renforcer l’esprit de cohésion pour résoudre ces incohérences qui peuvent être des freins puissants à l’épanouissement religieux des jeunes générations à venir.