Calendrier Lunaire Musulman Universel: Influence des méridiens

Dans le post précédent, nous avons défini la notion de calendrier lunaire musulman universel (CLMU) comme associé principalement à la notion de mois lunaire musulman universel (MLMU) défini par le recensement des jours ou l'aube effective se lève (TRUE DAWN ou EL FAJR ESSADIQ) entre 2 lunaisons consécutives. De cette manière, tous les jours recensés, dans les limites physiques du mois, par la levée de l'aube effective, sont pris en compte dans leur intégralité, sans exclusion aucune (notamment le 1er jour) et sans rajout aucun (notamment le 1er jour du mois suivant). Nous avons appelé ce calendrier, le calendrier 1. 

Nous avons également recensé les 4 autres calendriers que nous avons numéroté de 2 à 5, qui sont tous basés sur des exigences subjectives traduisant une compréhension insuffisante de la tradition du prohète (PBSL), comme le "youm echarii" ou le jour commencerait au maghrib,  ou bien la necessite d'observer ou de calculer la visibilité des levants. Ces contraintes, se caractérisent toutes généralement, par une différentiation discriminatoire et exclusive fréquente des premiers jours des mois, et pour certains calendriers toujours, du fait de la discrimination de l'occurence des instants de lunaison par rapport au fajr et au maghrib.

Dans d'autres posts, nous avons pu mesurer de manière significative les biais de ces calendriers par rapport au calendrier 1. La connaissance des lunaisons, a permis de mesurer et de quantifier l'étendue des erreurs d'hypothèses.

Ce travail a également permis d'invalider l'hypothèse de l'universalité des calendrier lunaires qui conjecturaient que, comme le mois solaire, le mois lunaire devait être le même partout dans le monde, en tenant compte de la base dichotomique de deux grandes régions de méridien de 12h (Est et Ouest). Cette erreur est due à la considération du calendrier 3, basé sur un paradigme erroné basé sur le principe "d'unification des levants" et qui restreint implicitement l'occurence moyenne des lunaisons dans un intervalle de 6h après le fajr, discriminant ainsi 75% des lunaisons que Dieu a programmé jusqu'à la fin des temps, qui elles ont lieu en dehors de cet intervalle. Dans ce type de calendrier, les fidèles ne pourront jeuner correctement tous les jours du mois de ramadan, en moyenne, 1 fois tous les 16 ans, si on suppose pour simplifier que l'issue de 2 lunaisons consécutives n'est pas corrélée, ce qui n'est evidemment pas correct, mais ils ne pourront jamais de leur vivant comptabiliser correctement les 4 mois interdits dans leur ensemble. De plus, pour ceux qui pensent que le principe "d'unification des levants" est révolutionnaire, il faut juste réaliser que le calcul de ce calendrier ne sert à rien d'autre que de réduire les erreurs habituelles de calendriers dans les décennies passées qui étaient de l'ordre de 2 jours ou plus, à 1 jour, en violant la lettre et en travestissant l'esprit du hadith par rapport aux 2 notions phares que sont la nuit du doute et l'observabilité du levant avec décompte à 30j, à défaut de violer l'esprit logique et la lettre du texte scripturaire.

Donc résumons nous: leur définition de l'universalité, c'est de décréter l'existence d'un calendrier lunaire universel commun au monde entier violant le principe naturel de localité universelle des levants,  le tout en se basant sur un paradigme (calendrier 3) qui est devenu obsolète et inapplicable du fait de la connaissance des instants de lunaisons et des temps précis du imsak (à 1' près).

Nous allons voir maintenant, dans l'étude cas ci-dessous et à titre d'exemples, comment l le mois de ramadan 2019 s'est décline nauturellement en 2 ou 3 calendriers différents dans le monde, qui peuvent changer soit dit en passant, d'une configuration géographique à une autre, tous les mois, rendant caduque leur definition de l'universalite et qui contredit le principe naturel de diversification des levants, qui lui se base sur la variabilite constitutive des cycles lunaires.

1/ Etude de Cas 

Le 05 mai la conjonction de ramadan a eu lieu a 1h du matin gmt+2 en suisse (j’arrondi). Le fajr était a 4h40 du matin. Le 1er jour était donc le 5 mai selon le calendrier 1. La conjonction de chouwal a eu lieu le 3 juin a 12h (GMT+2). A cette date le fajr était a 4h. le 1er jour de chouwal a donc eu lieu le 4 juin. Il y avait donc 30j de jeun dans les méridiens proches de Greenwhich.

Voyons voir ce qu’il s'est passé entre le 5 mai et le 4 juin 2019, dans les repères (méridiens)  californien (GMT-8) et malaisien (GMT+8), ou le fajr essadiq se levait vers 04h30 en Californie et vers 05h30 en Malaisie.

Notez bien que les lunaisons de ramadan et chouwal exprimées à GMT+2, vont changer dans les horloges californiennes (GMT-7 a partir du 1er mars jusqu'au 31 octobre) et malaisiennes (GMT+8). Dans l'horloge californienne, les lunaisons de ramadan et chouwal ont eu lieu respectivement à 16h le 04 mai et 3h le 03 juin, tandis qu'en Malaisie, ces lunaisons ont eu lieu respectivement à 7h le 05 mai et 18h le 03 juin. L'instant de lunaison à donc un caractère local, dépendant du méridien, même si le phénomène de lunaison a lieu au même moment dans le ciel. 

a/ dans le repère californien (Hollywood, CA)

La conjonction du ramadan ayant eu lieu a 16h (gmt-7) le 4mai, le 1er jour du ramadan était le 5 mai. La conjonction de chouwal a eu lieu a 3h (gmt-7) le 3 juin. Comme le fajr était bien plus tard vers 4h30 du matin, le 1er jour de chouwal a commence 1h30' environ apres la lunaison du meme jour et non pas le 4 juin comme en europe! Sur le continent américain ils devaient donc jeuner 29j au lieu de 30j.

b/ dans le repère malaisien

La conjonction du ramadan ayant eu lieu a 7h (gmt+8) le 5 mai, le 1er jour du ramadan était le 6 mai sachant que le fajr a eu lieu localement environ 1h30' avant la lunaison de ramadan. La conjonction de chouwal a eu lieu a  18h (gmt+8) le 3 juin. Le 1er jour de chouwal a donc eu lieu le 4 juin comme en europe! En malaisie,  ils devaient donc jeuner aussi 29j au lieu de 30j.

2/ Discussion

Le calendrier naturel 1, est le seul enclin à démontrer ou pas l'existence de l'universalité. Sur cette base, le ramadan 2019 a démontré par exembple, qu' il y avait 3 calendriers possibles avec des jours de debut et de fin differents (débuts: le 05 mai pour l'Ouest et le Centre, et 6 mai pour le méridien Est; fins: le 2 juin pour le bloc Ouest, et 3 juin pour le Centre et l'Est), se traduisant au total des jours à jeuner, à 30 j pour l'europe central, et à 29j pour les autres régions du monde, à l'Est et à l'Ouest. On voit que les configuraitons géographiques des calendriers n'est pas aussi simple que certains le prétendent inconsciemment. Si la notion d'universalité existait pour le calendrier lunaire, les premiers jours de jeûn et de fin de jeûn auraient eu lieu les mêmes jours, partout dans le monde, ce qui n'est évidemment pas le cas. De plus, cette configuration a changé par exemple pour dhu el hijja avec cette fois 2 calendriers seulement au lieu de 3, puisque l'Europe centrale s'est confondue avec les régions Est du monde (le mois commençait le 2 août et se terminait le 30 août, avec 29j au compteur), tandis qu'à l'ouest, le mois commençait le 1 août et se terminait le 29 août, avec 29j au compteur aussi. La encore, si universalité il y avait, le mois lunaire aurait commencé pour tous les méridiens le même jour (1er août ou 2 août) et se serait terminé également le même jour, soit le 29 ou le 30 août, ce n'est manifestement pas le cas.

Nous voyons donc, que sur la base du calendrier naturel 1, méthodologiuement cohérent et consistant avec l'occurence des lunaisons, il n'y avait pas 1 seul calendrier universel, mais 2 et même 3 calendriers naturellement possibles.  En plus des 2 calendriers décalés Est-Ouest,  un 3ème calendrier des régions centrales est apparu avec un jour de jeûn en plus. 

En général, on mesure chaque mois, 2 ou 3 possibilités de calendriers qui peuvent se présenter dans une multitude de configurations géographiques, variant d'une année à l'autre, en fonction des moments de lunaisons, des méridiens, des latitudes et des saisons. Scientifiquement, il serait interressant de mesurer la variabilité de  cette configuration géographique, qui est loin d'être constamment dichotomique. 

Ce changement de configurations géographiques des calendriers est naturel lorsqu'il est évalué sur la base du calendrier 1 qui est lui même naturel et donc universel, du fait qu'il ne biaise pas sélectivement l'instant d'occurence des lunaisons par rapport aux horaires du fajr essadiq et du maghrib. L'agenda universel des lunaisons basé sur la règle d'extraction du nombre de jours commençant à chaque fajr essadiq et strictement délimités par 2  lunaisons consécutives, restera toujours cohérent et consistant  avec ce que Dieu a programmé ad vitam eternam, et ce, sans aucune discrimination sélective du 1er jour. Tous les autres calendriers sont méthodiquement infondés car ils introduisent des conditions artificielles qui violent l'homogénéité, la cohérence et la consistance des paradigmes proposés.

3/ Conclusion 

Il faut être trés prudent sur la définition de l'universalité qui ne sera pas réglée tant que la question de l'usage du calendrier naturel 1 ne sera pas tranchée. 

L'universalité d'un calendrier lunaire musulman trouve son caractère dans l'universalité de la définition du mois lunaire musulman. Ce CLMU est défini par le calendrier 1 dans lequel les mois lunaires MLMU sont définis  par les jours ou le fajr essadiq se lève entre 2 lunaisons consécutives. Cette universalité exige aussi de respecter la variabilité constitutive du nombre de jours dans le mois lunaire, ce qui se traduit par un cycle lunaire annuel ayant une durée totale et un nombre total de jours variables qui ne doivent pas être ajustés pour maintenir une durée moyenne constante, comme dans le calendrier solaire.

D'autre part, la notion de découpage statique en deux régions de méridiens de 12h viole le principe de localité des calendriers et des spécifités régionales in-fine liées au grand nombre de combinaisons entre les facteurs lunaisons, latitudes, saisons et méridiens. Les latitudes et les saisons, qui ne sont pas considérées comme paramètres influents dans les autres calendriers 2 à 5,  jouent un grand role dans cette variabilité régionale.

Ce principe de localité permet d'identifier naturellement jusq'à 3 MLMU par evenement organisés dans des configurations géographiques variables et  largement volatiles qui ne permettent pas de définir un cut-off cohérent et consistant, qui de plus est inutile.

Toutes les autres considérations basées sur les calendriers 2 à 5 discriminatifs de ce "mizane" (équilibre), violent systématiquement le sens de l'universalité, et ne conduisent qu'à l'impasse et à plus de troubles et de difficultés. Il est fort possible que l'usage de ces calendriers qui contreviennent à l'ordre naturel du mouvement des astres, est principalement due au 21ème siècle de notre ère, à la méconnaissance des temps du fajr essadiq. Ce n'est donc en réalité qu'une fuite en avant, pour tenter de dissimuler cette ignorance, même si l'ignorance n'est pas synonyme de pêché et qu'on a encore le droit de s'instruire. Cette ignorance ne pourra pas être longtemps dissimulée par les parties qui invoquent maladroitement une base scientifique à leurs calendriers 2 à 4, qui sont truffés d'erreurs méthodologiques et d'inconsistances. 

Par ailleurs, remettre en cause le tout 1er jour de l'année hégirienne, ou la définition sémantique (non lunaire ou luni-solaire) des mois interdits, sont pour moi des "chutes intellectuelles" issues de résidues d'une pensée noyée dans ses contradictions qui a failli à ouvrir des voies logiques, consistantes, cohérentes, et simples à entretenir, compatibles avec les textes scripturaires et avec le "mizane" qui est on ne peut plus connu au 21ème siècle, quand même. Dans notre cas, le "mizane" concerne les lois naturelles maintenant l'ordre dans l'équlibre naturel des astres et des atmosphères.

L'avenir de cette religion se jouera sur ce genre de questions, ou on a du mal a exploiter judicieusement les évidences scientifiques pour améliorer la pratique de nos rites. Lorsque la compréhension du problème est erronée il n'est pas étonnant de se disloquer dans les errances de l'égarement. Et ce problème de calendrier lunaire en est la parfaite illustration.

Une religion sans raison est un égarement de l'esprit qui ne peut plus s'imbiber de l'essence du message de Dieu